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Lettre ouverte
de Raymond C. Cole
Résumé de
mes antécédents
Questions
secondaires
Mon diplôme
L'ordination de 1952
1972-1974
Les
assemblées: Eugène et Portland
Dieu mis à
l'épreuve
L'Eglise
prend forme
Une œuvre?
Non!
Ma
promesse à Dieu
Des défis
dès le départ
Notre
dessein reste inchangé
Conclusion
Il
est toujours important de définir correctement une
personne, une notion abstraite, un organisme ou quoi que
ce soit d'autre. Cela dit, cet effort de définition est
tout particulièrement essentiel durant les époques de
trouble, de confusion ou d'aveuglement.
Comme l'avait annoncé la prophétie biblique,
le monde actuel (donc celui des derniers jours) est
saturé d'hypocrisie, de mensonge, d'illusion et de
tromperie, en un mot de confusion. C'est dans cette
situation d'instabilité totale que Dieu appelle ceux
dont Il veut qu'ils Lui obéissent à demeurer fermes dans
une obéissance fidèle. Cette direction et cette
confiance sont possibles si les élus assument les
responsabilités qui leur incombent. Par contre, la
grande majorité des humains (y compris une partie de
ceux qui, à un moment donné, ont connu la Vérité) ne
pourra que succomber aux machinations astucieuses de
Satan et de ses démons. Ecrivant à l'Eglise de Corinthe,
l'apôtre Paul expose succinctement ce principe quand il
écrit: "Car il faut qu'il y ait aussi des sectes ("hérésies",
version King James) parmi vous, afin que ceux qui sont
approuvés soient reconnus comme tels au milieu de vous"
(I Cor. 11:19). Il développe cette idée en écrivant ceci
à l'Eglise de Thessalonique: "Pour ce qui concerne
l'avènement de notre Seigneur Jésus-Christ et notre
réunion avec lui, nous vous prions, frères, de ne pas
vous laisser facilement ébranler dans votre bon sens, et
de ne pas vous laisser troubler, soit par quelque
inspiration, soit par une parole, ou par une lettre qui
semblerait venir de nous, comme si le jour du Seigneur
était déjà là. Que personne ne vous séduise d'aucune
manière; car il faut que l'apostasie soit arrivée
auparavant, et qu'on ait vu paraître l'homme impie, le
fils de la perdition . . . Car le mystère de l'iniquité
agit déjà; il faut seulement que celui qui le retient
encore ait disparu. Et alors paraîtra l'impie, que le
Seigneur Jésus détruira par le souffle de sa bouche, et
qu'il écrasera par l'éclat de son avènement.
L'apparition de cet impie se fera, par la puissance de
Satan, avec toutes sortes de miracles, de signes et de
prodiges mensongers, et avec toutes les séductions de
l'iniquité pour ceux qui périssent parce qu'ils n'ont
pas reçu l'amour de la vérité pour être sauvés. Aussi
Dieu leur envoie-t-il une puissance d'égarement, pour
qu'ils croient au mensonge, afin que tous ceux qui n'ont
pas cru à la vérité, mais qui ont pris plaisir à
l'injustice, soient condamnés" (II Thess. 2:1-3, 7-12).
C'est donc une évidence: la tromperie et la
confusion sont inévitables. Cette réalité fondamentale
étant posée, il est certain que Dieu a dû prévoir, à
l'intention des humains véritablement appelés et
convertis, un moyen ou un autre d'y voir néanmoins clair.
Avant d'aborder ce sujet sur le fond, il me
paraît indispensable de vous fournir un minimum
d'information historique. Puisque l'Eglise de Dieu,
l'Eternel, a été fondée sous l'inspiration et la
direction de Raymond C. Cole, permettez-nous de vous
donner une biographie résumée de cette personne. Afin
d'être à la fois plus simple, plus précis et plus clair,
vous permettrez au soussigné de rédiger ce texte à la
première personne. On me pardonnera donc de dire "je" au
lieu d'user de la formulation indirecte plus
généralement admise.
D'autre part,
afin de faire toute la clarté désirable sur certains
détails, au fur et à mesure qu'ils se présenteront, je
crois inévitable de vous parler un petit peu de mes
antécédents
Résumé de mes antécédents
Pour
des raisons qui sortent de l'ordinaire, celui qui devait
devenir mon grand-père maternel, et son frère, se sont
très tôt pris d'un intérêt passionné pour la Bible. A la
suite de l'étude qu'ils en ont faite, ils ont, tout
jeunes, pris conscience de la place de la Palestine dans
l'ensemble de l'histoire universelle. Ils ont donc
quitté leurs parents et leur Michigan natal, pour se
rendre en Palestine, à une époque où ce pays était
encore sous mandat britannique. Peu après leur arrivée
dans ce pays, mon futur grand-père a fait la
connaissance de la fille d'un journaliste anglais
Les
deux jeunes gens poursuivaient leur étude de la Bible.
Ils firent la connaissance d'un certain nombre de
groupements religieux juifs. L'un d'eux, celui des
Esséniens, exerça une influence considérable sur leur
pensée. Ce groupe particulier auquel ils se rattachèrent,
observait la Pâque le soir du 15 du premier mois au lieu
du 14. Leur conviction était très forte. C'est pourquoi,
après être retournés aux Etats-Unis, mon grand-père, la
jeune fille avec laquelle il venait de se fiancer et son
frère à lui, gardèrent cette foi inébranlable et
continuèrent d'observer "la Pâque" le soir du 15. Le
moment venu, cette même doctrine me fut inculquée, à moi
aussi.
Passons
maintenant, si vous le voulez bien, à un autre aspect de
cette histoire. Cela est important pour les événements
qui vont suivre.
Au
tout début des années 1900, un certain nombre de
ministres de l'Eglise de Dieu du Septième Jour,
lancèrent, en quelque sorte, un pavé retentissant dans
la mare, et ce, dans les Etats suivants : Arkansas,
Oklahoma, Kansas et Nebraska. Les parents de mon père
prirent part à cette réaction. Au moment fixé, mon père
rencontra la fille du couple dont il a été question
ci-dessus, de retour de Palestine. Ils se marièrent dans
les années vingt. Mon père gérait l'entreprise agricole
que mon grand-père avait acquise à l'époque de
l'invasion de l'Oklahoma par le "Sooner". En 1934, cette
partie de l'Oklahoma fut traversée par une tornade à
deux fronts, qui la ravagea. Presque tout le monde fut
tué, et presque tout fut détruit. Pendant deux années,
mon père s'efforça désespérément de repartir à zéro.
Cela lui fut impossible. Il vendit les terres et partit
pour l'Orégon.
A
la suite d'un phénomène d'ampleur croissante, dont le
siège était l'Orégon, un certain nombre de vieux amis de
la famille avait quitté l'Oklahoma, l'Arkansas, le
Kansas et le Nebraska. La plupart de ces gens
s'installèrent soit dans l'Idaho, soit dans l'Orégon.
Le
phénomène dont ils avaient entendu parler, c'était la
vocation et le commencement de l'œuvre de Monsieur
Herbert W. Armstrong. Celui-ci parlait souvent devant
des groupes d'observateurs du Sabbat ayant quitté les
Etats américains énumérés plus haut. Vu qu'il était un
orateur puissant et convaincant sur le sujet de la
véritable identité d'Israël, mes parents ressentirent un
intérêt profond. C'est d'ailleurs la raison pour
laquelle mon grand-père et son frère s'étaient, au
départ, rendus en Palestine.
Ayant
presque tout perdu et se sentant fortement attirés par
quelqu'un qui prêchait des idées qui leur étaient chères
depuis longtemps, mes parents vendirent leurs biens,
firent leurs bagages et prirent la route de l'Ouest avec
les enfants qu'ils avaient eus entre-temps. Nous
arrivâmes dans l'Orégon en Juillet 1936, soit presque
exactement deux ans après le début de l'"œuvre". Ils
s'installèrent à Jefferson, petite ville proche de
l'endroit où vivaient le frère de mon père et sa famille,
qui avaient rejoint l'Orégon antérieurement. Jefferson
se trouve au nord et à une distance raisonnable d'Eugène,
où Monsieur Armstrong entreprenait cette "œuvre" qui
allait devenir l'une des missions les plus brillantes et
les plus exaltantes de l'Histoire. Pour célébrer
certaines Fêtes, nous descendions en auto de Jefferson à
la région d'Eugène. Mes parents se lièrent de près avec
Monsieur Armstrong et subirent son influence. De mon
côté, j'étais profondément frappé par ce qu'il disait.
Le
jour vint où il me fallut envisager la fin d'un cycle
scolaire à ce que nous appellerions en Suisse le "progymnase"
de Jefferson (première moitié de la scolarité secondaire).
Je devais, par conséquent, trouver un établissement à ma
convenance pour continuer, et constatai que je risquais
fort de ne pas y parvenir dans l'Orégon, car, à chaque
réponse, j'avais l'impression qu'on m'obligerait à
assister à des cours le jour du Sabbat. Comme je ne
voulais pas transgresser le Sabbat du Dieu Eternel, il
me sembla que le seul moyen de poursuivre mes études,
était de m'inscrire au "College" ("Gymnase supérieur",
fin du Lycée) de Walla Walla, dans l'Etat de Washington,
qui était un établissement adventiste.
C'est
en 1945 que j'avais quitté le progymnase de Jefferson.
Je retardai d'une année au moins l'entrée dans
l'établissement supérieur, car j'espérais toujours
trouver un lycée à ma convenance. En 1946, à mon
heureuse surprise, Monsieur Armstrong se mit à parler de
la nécessité de fonder un "College des arts libéraux",
dont sortiraient, s'ils étaient appelés par Dieu à ce
service, des ministres qui s'occuperaient de sa
communauté, laquelle se développait rapidement. Il avait
fait plusieurs expériences navrantes dans sa recherche
de serviteurs loyaux, honnêtes et consacrés en vue de le
seconder comme l'exigeait le succès de sa mission. La
date limite qu'il s'était fixée, était l'automne de
1947. Cette année-là, je devins l'un des quatre premiers
élèves de l'Ambassador College, situé à Pasadena (Californie).
Pour
une raison ou pour une autre, Monsieur Armstrong
semblait s'intéresser particulièrement à moi. De mon
côté, je m'aperçus que son enseignement, qui me plaisait
beaucoup, exerçait sur moi une influence profonde. Pour
moi, la fin de l'enseignement secondaire devait être une
merveilleuse occasion de comprendre de mieux en mieux ce
qui était désormais pratiquement mon seul centre
d'intérêt.
C'est
ici qu'intervient un point mentionné plus haut: mes
études se déroulaient bien. Je pensais être satisfait en
profondeur. Malheureusement, au printemps 1948, je vis
arriver la Pâque. Au courant des croyances de ma famille,
Monsieur Armstrong manoeuvra en douceur pour essayer de
me démontrer qu'"observer la Pâque" le 15 était une
erreur. Après un certain nombre de discussions plutôt
interminables sur le sujet, il estima que, pour l'année
en question, le mieux était d'observer une trêve.
Seulement, le problème n'était pas résolu. Je retournai
au lycée à l'automne de 1948. Inévitablement, le
printemps de 1949 arriva et avec lui, la Pâque. Cette
année-là, le ton monta d'un cran. A plusieurs reprises,
Monsieur Armstrong avait affirmé avec rage que c'était
Dieu qui lui avait révélé la vérité qu'il prêchait.
Ici,
intervient un incident dont je ne suis pas fier et dont
je me suis excusé auprès de Monsieur H.W. Armstrong,
tout en demandant pardon à Dieu. Son récit aidera
peut-être certains lecteurs à comprendre l'importance de
cette histoire de révélation divine. J'avais une
attitude très portée sur les détails matériels. Il me
fallait des faits. Pour moi, la logique devait régner.
Du fait de ces divergences de position fondamentale, le
conflit ne pouvait aller qu'en s'aggravant. Monsieur
Armstrong ne cessait pas d'insister sur l'idée que
c'était à lui que Dieu avait révélé Ses vérités. De mon
côté, je réclamais des preuves tangibles, matérielles.
Trop souvent, ce conflit prit des formes déplaisantes.
Nous en vînmes tout deux à nous adresser des propos très
insultants, nos conversations devenaient de plus en plus
difficiles et blessantes. Il arrivait à Monsieur
Armstrong de passer des journées entières à affirmer que
Dieu lui avait révélé ce qu'il prêchait. Quand mes idées
concernant la Pâque (à célébrer le 14 ou le 15), le
problème de l'an 31 de notre ère et d'autres sujets
moins importants, eurent été violemment écartés, je me
retrouvai en face d'une décision à prendre: allais-je
prendre la défense de mon moi ou finir par accepter dans
la foi et avec une conviction absolue ce qui avait été
démontré: la révélation divine. L'un des plus grands
soulagements psychologiques que j'aie jamais éprouvés
vint au moment où je décidai que Monsieur Armstrong
avait raison: Dieu révèle Sa Vérité à un serviteur
choisi. Elle est donc absolue et ne peut changer.
Pouvez-vous maintenant comprendre pourquoi j'ai été si
bouleversé par les changements qui ont constitué
l'apostasie de 1972-74? Pouvez-vous comprendre pourquoi,
actuellement encore, je suis incapable de bouger d'un
pouce en ce qui concerne la doctrine? J'ai peur du
compromis. Je ne veux qu'une chose: cette Vérité qui a
été mise par écrit dans la Sainte Parole de Dieu et
révélée à un serviteur des temps de la fin (Matt.
28:19-20). Je désire aider ceux qui aiment cette Vérité
et souhaitent sincèrement marcher dans cette voie, celle
de la vie. Je ne me mens pas à moi-même. Combien y en
aura-t-il qui resteront fidèles et persévéreront
jusqu'au Retour de Christ?
Après
avoir beaucoup lu, étudié et prié, j'avais admis l'idée
de la révélation divine. Et, bien que le sujet n'eût
jamais été abordé au cours d'une discussion, l'idée que
cette Vérité révélée ne pourrait jamais être modifiée ni
altérée, en vint à prendre pour moi une signification
particulière. Je vivais désormais avec la conviction
absolue que la Vérité lui avait été donnée et qu'elle ne
pouvait pas, ne pourrait jamais être changée. A partir
de mon étude de la Parole de Dieu, je savais que cette
Vérité révélée était un absolu.
Peut-être
est-il utile, au point où nous en sommes, de rapporter
un incident particulier. Depuis mon plus jeune âge,
j'avais énormément lu. Au cours des années suivantes,
j'avais lu des textes qui se contredisaient les uns les
autres: certains situaient la mort, l'ensevelissement et
la résurrection du Christ dès l'an 28 de notre ère,
alors que d'autres allaient jusqu'à l'an 31. Or,
Monsieur Armstrong répétait avec insistance que c'était
l'an 31. J'interrogeai Monsieur Armstrong au sujet de
cette affirmation. Je lui demandai sur quel texte
biblique il se fondait. J'appris ainsi qu'il n'avait
trouvé cette date dans aucun traité d'exégèse. Pourtant,
répétait-il avec force, la date correcte est 31 de notre
ère. Vu mon orientation très "technique" et scientifique,
j'en fus troublé. Il m'était incroyablement difficile
d'accepter quoi que ce fût sur le fondement de la foi ou
de la révélation. Pourtant, d'une certaine façon, je
savais que le message qu'il proclamait était unique en
son genre. Je ne pouvais pas m'en détourner. J'acceptais
ce qui était proclamé, sachant que Dieu ne me laisserait
pas définitivement dans l'obscurité. A ma grande
surprise, plusieurs mois plus tard, Monsieur Hermann L.
Hoeh m'apporta un livre en allemand qui énumérait toutes
les données astronomiques de l'époque en question. Or,
il est absolument certain qu'entre les deux dates
mentionnées plus haut, la seule année comportant à la
fois une éclipse et un violent tremblement de terre à la
saison en question, est l'an 31 de notre ère. Comme pour
me confirmer, plusieurs années plus tard, le caractère
miraculeux de cet événement, un membre est venu
m'expliquer que l'éclipse qui a eu lieu ne pouvait être
qu'un miracle. Pourquoi? Ecoutons le commentaire
intitulé "The Interpreter's Bible": "Matthieu omet la
phrase de Marc 15:25, qui dit que Jésus a été crucifié à
la troisième heure (autrement dit à 9 heures du matin),
mais paraît la sous-entendre. La sixième heure est midi,
et la neuvième: 3 heures de l'après-midi environ. Or, le
verset 15 du chapitre 5 de l'Evangile de Pierre (apocryphe
qui mérite peut-être de figurer dans le Nouveau
Testament) dit ceci: 'Il était midi et les ténèbres
recouvrirent toute la Judée.' Nous devrions donc
probablement traduire tout le pays, et non toute la
terre. Luc 23:44-45 parle du phénomène comme d'une
éclipse. Une éclipse est astronomiquement impossible
pendant la pleine lune du temps pascal, mais
l'évangéliste pense à un miracle extraordinaire" (Volume
7, page 107 de ce commentaire). Quoi qu'il en soit,
l'obscurité qui a recouvert une fraction importante du
monde connu ne serait pas passée inaperçue. Les faits
ainsi réunis confirment que Monsieur Armstrong avait
raison de penser que la mort, l'ensevelissement et la
résurrection du Christ ont eu lieu en l'an 31. De plus,
tout cela contribua fortement à me rendre confiant. Ce
que j'avais été obligé d'admettre par la foi, était donc
une vérité matériellement démontrable! Combien Dieu est
bienveillant envers Ses élus quand ils font preuve du
respect voulu de Sa Parole et de la foi qui est attendue
d'eux!
Il
est capital de bien noter ce qui suit: quand l'apostasie
de 1972-74 (dont certaines doctrines individuelles ont
donné des signes avant même 1972) a eu lieu, seules la
crainte de Dieu Lui-même et la foi en ce qui avait été
révélé ont été suffisantes pour empêcher qui que ce fût
de se laisser aller et de perdre la confiance en ce qui
était cru et pratiqué
Le
nombre inspire toujours confiance. Quand des dizaines de
doctrines ont été remises en question, il n'y a plus eu
un seul ministre ni un seul groupement pour souscrire à
la doctrine enseignée par Monsieur Armstrong à l'origine,
depuis le début. Je puis dire cela en toute assurance
car, à l'époque, j'observais les événements avec la plus
grande attention. Tous avaient accepté n'importe quelle
modification proposée par l'Eglise, tandis que certains
se fiaient purement et simplement à leurs
interprétations personnelles de la Bible. Cela m'était
très difficile, mais je n'avais pas le choix: je ne
pouvais qu'agir, dans la foi, sur le fondement de ce que
j'avais toujours cru.
L'idée
de révélation divine a donc été le fondement
inébranlable de ma fidélité envers Dieu pendant
l'apostasie de 1973-1974. Nous reviendrons sur ce sujet
plus loin.
Questions secondaires
Avec
les années, pendant la fin de ma scolarité secondaire et
mes premières années de ministère, je me suis posé
certaines questions que je pensais être de moindre
importance. Il s'agissait de questions soulevées par des
camarades de classe, le comité des affaires de doctrine
ou d'autres groupes qui s'opposaient à l'enseignement
originel de Monsieur Armstrong. Pour n'en citer qu'un
exemple, parlons de la consommation de canard. Par suite
de son expérience personnelle, Monsieur Armstrong avait
toujours enseigné que le canard était un animal impur.
Comme tel avait été l'enseignement originel de Monsieur
Armstrong, je ne pouvais pas admettre de changement sur
ce point. La révélation divine ne peut pas changer. Ce
qui me semblait être logique—la révélation divine—paraissait
avoir peu de signification ou d'importance aux yeux
d'autres personnes. A intervalles réguliers, on
modifiait une doctrine majeure ou une moins importante.
A l'époque, je n'imaginais pas que ces questions
apparemment négligeables, allaient, des dizaines
d'années plus tard, mettre en évidence les personnes
qui, en fin de compte, n'admettaient pas vraiment la
notion de révélation divine.
Le
sujet de la Pentecôte était déjà devenu sensible et
était une occasion de divisions en 1940; c'est cependant
vers la fin des années quarante, que le phénomène prit
de l'amplitude, tant en gravité qu'au niveau
géographique. Des désordres eurent lieu alors dans
plusieurs régions, par exemple, celles de San Antonio
(Texas), Wichita (Kansas), Portland (Orégon), Seattle
(Washington) et ici à Eugène. Satan était à l'œuvre et
ne ménageait pas ses efforts. Il haïssait ce qui était,
en réalité, la vérité au sujet de la Pentecôte. Des
efforts alarmants furent fournis en vue d'anéantir
l'Eglise naissante avant qu'elle ait reçu sa formation
et que des ministres loyaux aient été envoyés auprès des
communautés de plus en plus nombreuses où, d'un bout à
l'autre des Etats-Unis, la Vérité était en train de
prendre racine. Pour diverses raisons, je fus choisi par
Monsieur Armstrong, avant même d'avoir été ordonné, afin
de me rendre dans ces régions en proie au trouble et de
calmer le jeu concernant la Pentecôte. Ces mesures
défensives me conduisirent à Portland (Orégon) pour
toute une année, et ce, avant d'avoir terminé un certain
cycle d'études. Mon inscription au "College" ("immatriculation"
aux U.S.A.) fut repoussée d'une année. Ces fonctions
supposaient que j'aie compris les arguments avancés
ainsi que le fondement de la révélation divine et les
preuves de la doctrine du Lundi de Pentecôte,
traditionnellement enseignée par l'Eglise. A ce carquois
de flèches, j'avais ajouté deux ou trois arguments
techniques très efficaces à mes yeux. L'un d'eux
concernait la manière de compter des Hébreux (Voir notre
article intitulé "Pourquoi faut-il célébrer la Pentecôte
un Lundi?).
Une
chose est devenue évidente pour moi tandis que je
travaillais parmi de nombreux membres en proie à
l'agitation: dès que les gens commencent à prendre un
esprit raisonneur, qu'ils ne sont plus humbles ni
accessibles à l'enseignement, tous les arguments du
monde ne les feront pas bouger d'un pouce. Quand ils ont
perdu la crainte de Dieu et qu'ils ne savent pas
reconnaître le serviteur chargé de mission, qu'ils
laissent décliner l'amour de la vérité révélée entendue
dans le passé, acceptée et crue, ils ne peuvent plus
être instruits. Peu importe l'époque à laquelle cela se
passe. Combien de ses contemporains n'ont-ils pas
contesté l'apôtre Paul? Combien n'ont-ils pas refusé
d'accepter le Christ en tant que Fils de Dieu, Celui
qui, selon la prophétie, devait venir? Mais, pour se
justifier eux-mêmes, les ergoteurs de tous les temps
n'hésitent pas à prétendre que leur inspiration est d'un
ordre supérieur (Matt. 23:29-31 et 12:28-41).
Mon diplôme
Le
premier examen pour l'obtention du diplôme de fin
d'études à l'Ambassador College fut organisé en 1951.
Comme on l'a vu plus haut, j'ai terminé les miennes
l'année suivante, soit en 1952. Certes, lors de ces
premières années, le nombre des diplômés a été très
limité; par contre, ces ministres des origines
soutenaient Monsieur Herbert W. Armstrong avec loyauté.
A partir de là, certains ministres, rédacteurs et
membres de l'administration se mirent à assumer les
responsabilités qui leur avaient été assignées. Cela
étant, le désordre qui se manifestait depuis plusieurs
années ne tarda pas à céder, en grande partie du moins.
L'Eglise se développa, tant en pouvoir que sur le plan
du nombre de nouveaux membres. Il semblait que la paix,
l'harmonie et la détermination régnaient partout.
Vraiment, Dieu bénissait l'"œuvre" qu'il avait annoncée
par la prophétie, à propos des derniers jours (Matt.
28:19-20). Le message (l'évangile) était annoncé aux
hommes et les brebis appelées avaient des bergers.
De
nouvelles Eglises furent fondées un peu partout aux
Etats-Unis. En fait, cet élan paraissait irrésistible.
Lors de chaque tournée de baptêmes, des centaines de
personnes rejoignaient nos rangs. Ces déplacements
permettaient une observation personnalisée de la
situation. Partout, des foules nombreuses écoutaient nos
programmes radio, que l'on recevait dans tout le pays,
lisaient nos publications et étudiaient le Cours par
correspondance. Comme l'ont observé ceux qui se
chargeaient des tournées de baptêmes, le programme radio
était très écouté dans les stations-services pour
automobiles, les restaurants et ailleurs encore. La
plupart des régions nord-américaines étaient
littéralement couvertes par les émissions intitulées "Le
monde de demain".
La
croissance était générale. Les classes de "secondaire
supérieur" se multipliaient. Après avoir commencé par
quatre en 1947, le nombre des élèves ou étudiants
inscrits avait augmenté de manière spectaculaire.
Certains des premiers sortis occupaient déjà des postes
à responsabilité depuis quelques années. Monsieur
Armstrong eut le sentiment qu'une cérémonie d'ordination
était nécessaire.
L'ordination de 1952
Le
20 Décembre 1952, à Pasadena (Californie), Monsieur
Armstrong prit la décision d'ordonner sept évangélistes.
L'expansion considérable de l'Eglise avait rendu
indispensable de sélectionner et nommer des hommes
chargés de tâches bien précises. Ceux-ci furent Herman
L. Hoeh, Richard Armstrong, Paul Meredith, Rod Meredith,
Marion McNair, Raymond McNair, et Raymond C. Cole. Tous
se chargèrent, aussitôt après leur ordination, des
tâches qui leur étaient assignées. Quelques années plus
tard, la plupart de ces sept plus un petit nombre
d'autres, reçurent le titre de vice-présidents. Dans la
plupart des cas, ils gardèrent leurs fonctions jusqu'aux
années dramatiques, 1972-1974. Au cours de ces trois
années, les dérapages doctrinaux se succédèrent, des
membres quittèrent l'Eglise et il se produisit d'autres
événements, de sorte qu'il serait difficile de raconter
avec précision ce qui a eu lieu en fait. Dans l'ensemble,
il régnait un chaos total. Naguère encore triomphante,
l'Eglise de Dieu avait pratiquement cessé d'exister,
remplacée qu'elle était par un pitoyable échantillonnage
de groupuscules dissidents, dont chacun faisait ce qui
lui semblait bon. Quelles étaient, en sous-main, les
causes de cette situation chaotique?
1972-1974
En
1972 avait commencé un vaste remaniement du personnel de
l'Eglise. Nombreux furent ceux qui estimèrent que ce qui
suit était évident: il y avait désormais deux sources
d'autorité différentes, qui, sur la plupart des points,
s'opposaient l'une à l'autre. Il en résultait de la peur,
de la méfiance, du ressentiment et des actes de
rébellion. Rares, si même il y en avait, étaient ceux
qui s'efforçaient de comprendre ce qui se passait dans
l'Eglise.
En
même temps que ce vaste remaniement se déroulait, des
problèmes graves étaient apparus au sujet d'un certain
nombre de doctrines. Celles-ci étaient contestées tant
par des laïcs que par des ministres. Parmi les
nombreuses doctrines concernées, deux des plus centrales
étaient celle de la Pentecôte et celle du divorce suivi
de remariage. Ces troubles avaient amené Monsieur
Armstrong à récrire intégralement l'ancienne brochure
sur le sujet du divorce suivi de remariage. La nouvelle
brochure, publiée en 1973, confirmait et mettait en
valeur la révélation originelle. Cette publication
relança l'opposition, qui se fit plus virulente encore,
et qui vint de nombreuses personnes, aussi bien des
laïcs que des ministres. Il en résulta la fondation d'un
nouveau comité doctrinal, composé d'évangélistes, de
professeurs du "College" et d'autres cadres du Quartier
Général. Un certain nombre d'idées inquiétantes furent
émises et fréquemment entendues. Par exemple: 1) "Si on
peut prouver quelque chose une fois, on peut le prouver
à nouveau." Et 2) "Toutes les doctrines de l'Eglise ont
été 'redémontrées'." Tout cela m'inquiétait beaucoup.
Cela me rappelait trop les traumatismes des années 1948
et 1949. Malgré cette inquiétude justifiée par
l'orientation de ces gens, je gardais confiance en me
répétant à moi-même que Monsieur Herbert W. Armstrong ne
céderait à aucune pression visant à lui faire accepter
des changements. Après tout, n'avait-il pas insisté sur
la révélation divine dans les années 1948 et 1949?
Puisqu'un
grand nombre de doctrines était remis en question, et ce,
de manière grave, par quoi le comité devait-il
commencer? Nous entendions très souvent dire, parmi les
étudiants, que les délibérations devaient commencer par
la Pentecôte, puisque c'était le point le plus
fréquemment soulevé; à l'époque, du reste, beaucoup de
membres n'avaient pas encore admis de la célébrer un
lundi; certains la célébraient, en cachette, le dimanche,
tandis que d'autres désiraient que le changement fût
officialisé. Ce point fut résolu: le premier sujet qui
serait "reconsidéré" serait la Pentecôte: fallait-il la
célébrer un lundi ou un dimanche?
Ayant
assisté à ces réunions, je (Raymond Cole) n'y entendis
aucun argument sérieux en faveur du dimanche.
Souvenons-nous que j'avais été envoyé, antérieurement,
auprès de plusieurs membres qui contestaient la position
de l'Eglise sur ce point. J'avais entendu toutes sortes
d'arguments dont certaines personnes pensaient qu'ils
justifiaient leur attitude à cet égard. Il est
intéressant de noter que, lors des réunions du comité,
je n'ai pas entendu un seul prétendu "fait" qui n'ait
pas été évoqué lors de ces contacts antérieurs. Ce n'est
donc pas sur le fondement de découvertes faites entre-temps
que Monsieur Armstrong a pris la décision de changer la
date de Pentecôte. Aucune information de ce genre ne
nous avait été communiquée. Tous les arguments avancés
étaient ceux que certains des ministres, en tous cas,
entendaient répéter depuis des mois. Il ne fut question
que de la traduction correcte de Lévitique 23:15, à
savoir : "Depuis le lendemain du sabbat, du jour où vous
apporterez la gerbe pour être agitée de côté et d'autre,
vous compterez sept semaines entières". L'accent était
mis sur le mot "depuis". Le jour ainsi désigné devait-il
faire partie du décompte ou en être exclu? Pendant
toutes ces interminables discussions, il ne fut, pour
ainsi dire, pas question de révélation divine. En
revanche, Monsieur Armstrong fut abondamment agressé: il
n'est pas un savant, disaient ses contradicteurs. Ils
estimaient que ses compétences en matière historique et
linguistique étaient très limitées, pour ne pas dire
plus. Toute la discussion avait donc un caractère
"technique". La notion de révélation y était
littéralement mise au rebut.
Compte
tenu des préalables de ces discussions, il n'y a pas eu
à s'étonner de ce que la plupart des membres proches du
comité se soient prononcés en faveur d'un remplacement
du lundi par le dimanche. Vu le nombre élevé de
déclarations qui m'avaient été faites, à moi
personnellement, lors des Etudes Bibliques de Pasadena,
et d'autres commentaires entendus au fil des mois,
j'étais absolument convaincu que Monsieur Armstrong
n'encouragerait ni ne permettrait ce changement. Et
pourtant, ayant admis le rapport d'un "expert matière de
traduction", qui disait que "depuis" aurait probablement
dû être compris comme faisant partie du décompte, il fit
savoir, depuis l'étranger où il se trouvait à l'époque,
qu'il accepterait le changement.
Je
fus scandalisé au-delà de toute expression. Que faisait-on
subir à la révélation divine?
Sachant
que la révélation n'entre pas en contradiction avec les
détails "techniques" de la Parole de Dieu, j'entrepris,
avec l'aide d'une tierce personne, de démontrer que le
jour correct restait le lundi. Ce travail constitue le
fondement de plusieurs de nos articles sur le sujet de
la Pentecôte. Il est hors de doute que le jour où l'on
doit célébrer la Pentecôte est un lundi, aussi bien sur
le fondement de la révélation divine que sur celui de
l'exégèse de nos textes. Dans tous les cas, une
recherche authentique et honnête confirme la révélation
divine, tout comme les miracles confirment la Vérité et
l'œuvre de Dieu. "Et ils s'en allèrent prêcher partout.
Le Seigneur travaillait avec eux, et confirmait la
parole par les miracles qui l'accompagnaient. Amen"
(Marc 16:20).
Conformément
à ce qui avait été prévu d'avance, dès que la nouvelle
du changement de la date de la Pentecôte fut connue,
avec son cortège de traumatismes et de chocs
psychologiques, des dispositions furent prises pour
traiter du problème suivant, la doctrine concernant le
divorce suivi de remariage. Quelqu'un vint me voir là où
j'habitais, à Coquille (Orégon), et me demanda de
poursuivre mes déplacements hebdomadaires en avion vers
Pasadena. Je refusai, en disant à mon visiteur: "Je ne
suis pas d'accord de participer au démantèlement de la
doctrine de l'Eglise". En effet, je ne voulais pas que
l'on puisse associer mon nom à aucune de ces
modifications doctrinales. Néanmoins, les réunions
continuèrent. En quelques jours seulement, plusieurs
"on-dit" me parvinrent aux oreilles, qui tendaient à
indiquer que des changements importants s'annonçaient à
propos de la doctrine sur le divorce suivi de remariage.
Toutefois, on ne m'avait rien dit directement.
Le
nouvel auditorium devait être achevé pour mai 1974.
C'est pourquoi, cette année-là, la conférence des
ministres fut repoussée au mois de mai. Cette année-là
également, les examens de diplôme de fin d'études du
"College" devaient se dérouler début mai. Comme notre
fille aînée, Lynn, figurait parmi les candidats, nous
nous rendîmes, Myra et moi, de l'Orégon à Pasadena, afin
d'assister à la fois à la cérémonie de remise des
diplômes et à la rencontre des ministres. En vue de la
conférence, presque tous les ministres et anciens et
plusieurs autres dirigeants locaux, avaient été
convoqués à Pasadena, par avion. Incontestablement, il y
avait quelque chose dans l'air. Si je puis me fier à ma
mémoire, il y avait environ 700 hommes et leurs épouses
pour assister à la séance d'ouverture. Le premier point
de l'ordre du jour était la dédicace du nouvel
auditorium de l'Ambassador College. Lorsque ces
manifestations solennelles eurent été terminées, la
conférence devint rapidement mesurée et tournée vers
l'avenir. Presque tout le monde éprouvait une inquiétude
profonde en songeant aux décisions projetées en matière
de doctrine. Le jour que nous attendions arriva.
Monsieur H.W. Armstrong entreprit d'essayer d'expliquer
la modification proposée au sujet de la doctrine du
divorce suivi de remariage. Il n'y parvint pas.
Rapidement, il céda le micro à son fils. Vous savez
quels textes d'information avaient été distribués. En
résumé, la conclusion était que beaucoup de mariages
n'ont jamais été des mariages, de sorte que le divorce
est admissible.
Le
moins que l'on puisse dire est que j'étais abasourdi. Le
travail préparatoire du comité avait déjà été mis par
écrit, multicopié et distribué à tous les ministres,
sauf moi. C'est lors de cette assemblée fatidique que
j'entendis pour la première fois, lire la conclusion en
question. J'en eus un tel choc, que, pendant trois jours
environ, je souffris de l'un des maux de tête les plus
graves de ma vie. Je n'arrivais pas à y croire:
littéralement, je ne pouvais pas en croire mes oreilles.
Une idée me traversa l'esprit: "Désormais, ils ne
reculeront devant rien. Leur voie était toute tracée:
doctrine après doctrine allait être balayée par ces gens
qui n'avaient aucun amour pour la Vérité". Je savais que
mes jours au sein de l'Eglise Universelle de Dieu,
étaient comptés.
Après
la fin de la conférence, notre fille Lynn ayant obtenu
son diplôme de fin d'études, Myra et moi-même fîmes nos
bagages et rentrâmes à Coquille. Avant de quitter
Pasadena, cependant, sachant que je ne pourrais plus
rester membre de l'Eglise Universelle de Dieu, je
m'efforçai de conclure pacifiquement mes rapports de
ministre avec cette Eglise. Je ne trouvai personne pour
accepter ma proposition. Loin de là, on m'encouragea
fortement à rentrer à Coquille et à me contenter
d'observer le Sabbat. C'est bien ce que nous fîmes.
Cependant, je ne me sentais pas à mon aise. Je savais
que, tôt ou tard, mon adresse précise serait découverte
et que je recevrais des lettres, des cartes et des
appels téléphoniques me demandant d'expliquer ce qui
arrivait à l'Eglise. Cette intuition se révéla
rapidement plus que juste. Pendant un court laps de
temps, je passai jusqu'à quinze ou dix-huit heures par
jour au téléphone. Les appels venaient de quantité de
villes de tout le territoire américain et même du monde.
Au début, je n'avais pas vraiment de réponses à fournir
à mes interlocuteurs. Je n'étais pas moi-même certain de
ce qui se passait. Simplement, je leur disais que s'ils
faisaient preuve de patience, je trouverais la réponse
de la Bible à leur question et leur enverrais ce que
j'aurais trouvé. C'est ainsi que commença une série
d'études bibliques qui, me semblait-il, répondraient aux
innombrables questions posées par des membres troublés,
désemparés et en proie à la colère. Les textes rédigés à
cette occasion constituent la base d'une bonne partie de
la littérature publiée par l'Eglise de Dieu, l'Eternel.
En
même temps que je procédais à ces recherches, nous
continuions, Myra et moi, de nous rendre en voiture de
Coquille à Eugène, et parfois même à Portland, pour
assister aux offices des Sabbats et des Fêtes. Nous ne
savions pas quoi faire d'autre. Bien entendu, je ne
voulais prendre aucune initiative avant d'avoir les
informations voulues sur quoi fonder mes décisions.
A
mesure que je progressais dans mon étude de la Bible, je
vis se brosser devant moi le tableau des événements des
derniers jours. Nous assistions à l'apostasie annoncée
par la prophétie de II Thessaloniciens 2:3. De plus, il
était évident que ces événements ne se présentaient pas
tous en même temps: une certaine durée était l'un des
éléments de la situation. Nous étions certains de ce
fait parce que le Retour de Christ ne s'était pas encore
produit. Or, c'est lui qui marque la conclusion de la
prophétie de II Thessaloniciens, chapitre deux. Vu que
cet événement n'a pas encore eu lieu, la situation et
les difficultés destinées à le précéder sont toujours en
train de se dérouler. Il y a plusieurs textes bibliques
qui concernent notre époque et les tribulations par
lesquelles les appelés de Dieu doivent passer avant le
Retour de Christ. Mis bout à bout, ces textes forment
une sorte de "carte routière" sur laquelle sont notées
toutes les activités passées, présentes et futures de
l'Eglise et des divers groupes composés d'anciens
membres. Comme ces textes sont des prophéties inspirées
par le Saint Esprit de Dieu, nous n'avons pas tardé à
être stupéfaits, puis alarmés, en constatant leur
précision et la signification de chacun d'eux.
Les assemblées: Eugène et
Portland
Pendant
des années, j'avais été au service des communautés
d'Eugène et de Portland, simultanément. Je connaissais
bien leurs membres, autrement dit les brebis du troupeau.
Dans leur frustration, leur doute et même leur crainte,
des centaines d'entre eux cherchaient des réponses.
J'avais fait plusieurs tournées pour parler à des
familles ou à des groupes qui m'avaient demandé de leur
expliquer les événements, et plus spécialement les
changements qui étaient en train de se produire.
Inévitablement, le jour est venu où plusieurs personnes
ont souhaité rendre formelles nos rencontres
indépendantes et familières. Elles désiraient trouver un
lieu où tous ceux qui étaient dans le trouble,
pourraient se réunir pour entendre et comprendre, tout
en nouant des relations entre eux. Au début, je n'étais
pas enthousiaste. Personne n'a le "droit" de fonder un
corps à part, un ensemble de personnes qui le suivent.
Au cours de mes recherches exhaustives en vue de
comprendre les événements de notre époque des derniers
jours, j'avais dégagé un grand nombre de textes prouvant
qu'à ladite époque, toutes sortes de ministres
détourneraient des adeptes souscrivant à leurs doctrines
particulières. Ils est clair que Dieu dit qu'ils font ce
qui paraît juste à leurs propres yeux, mais, ajoute-t-Il,
"Je ne les ai pas envoyés" (Jérémie 23, Ezéchiel
chapitres 13 et 34, ainsi que d'autres passages).
Après
des semaines et des mois de recherches intensives, il
m'était évident que ceux qui entendaient demeurer
fidèles à la doctrine révélée, ne pouvaient pas rester
dans la communion de ceux qui s'étaient éloignés de
cette vérité. Cela n'était pas difficile à comprendre.
Cela dit, qu'étais-je censé faire? Je savais
parfaitement ce que le Christ a dit contre les
mercenaires. Je me voyais donc pris entre le marteau et
l'enclume: je n'osais pas instituer une œuvre qui serait
mienne, car Dieu seul a le droit d'instituer une œuvre
et d'envoyer des humains en mission. D'autre part, je ne
pouvais pas admettre de négliger mes devoirs de ministre.
Il m'est impossible de mettre sous forme écrite le
terrible traumatisme dont j'ai souffert pendant la
période en question.
Dieu mis à l'épreuve
Beaucoup
de gens, dans cet Etat d'Orégon et de tout le pays,
continuaient de me presser de parler, d'écrire et de
publier mes convictions. Ils étaient troublés,
désorientés et en proie à une détresse profonde. Je
désirais les aider grâce à la connaissance que je
puisais dans mes recherches très intensives soutenues
par beaucoup de prières et de supplications adressées à
Dieu. Si mon désir de servir était très fort, ma peur
d'entreprendre une activité quelconque sans la
permission de Dieu était plus grande encore. Quiconque
prend vraiment le temps d'étudier la Parole de Dieu et
de la laisser descendre profondément dans son cœur avec
la crainte qui Lui est due, sait qu'il ne peut pas
légitimement s'attribuer lui-même une fonction, ni se
charger d'accomplir une œuvre. Toute activité de ce
genre doit venir de Dieu. Il faut que ce soit Son Œuvre.
Lui seul adresse vocation et envoie en mission.
Au
cours de mes recherches, j'avais découvert le fait que
non seulement le Christ avait souligné avec insistance
que Lui et le message qu'il apportait demeureraient
jusqu'à Son Retour, mais que Son corps, l'Eglise,
tomberait dans l'apostasie et que seul un petit reste
demeurerait fidèle. Cette découverte me remplit de
courage et d'espoir. Je sais que Dieu avait Lui-même
indiqué qu'il y aurait un petit reste, que seul un petit
groupe resterait fidèle à l'enseignement originel du
Christ. J'avais déjà commencé à comprendre et à
véritablement apprécier le fait que le message apporté
par le Christ serait proclamé par quelqu'un, juste avant
Son Retour (Matt. 28:19-20).
Néanmoins,
tout ce qui précède ne répondait pas à la question de
savoir ce qu'il m'était demandé de faire. Désespéré, je
décidai de faire comme Gédéon (littéralement "de tirer
un Gédéon", allusion évidente à Juges 6:36-40, où Gédéon,
après en avoir demandé pardon à Dieu, Le met à l'épreuve.
N.D.T.). Dans mes prières, je dis à Dieu que, s'Il
voulait vraiment que je me mette au service de Son
peuple, je considérerais que telle était Sa volonté s'Il
m'envoyait des membres à la fois d'Eugène et de
Portland, le jour du Sabbat suivant. (Il faut savoir que,
jusque-là, tous mes contacts avec ces communautés,
avaient consisté à m'y rendre en voiture). Or, le Sabbat
suivant, quelle ne fut pas ma stupéfaction de voir
arriver des voitures entières de personnes venant de ces
deux villes.
L'Eglise prend forme
Ayant
compris que seul un petit reste continuerait d'exister
jusqu'au Retour de Christ, je tenais beaucoup à ce qu'il
fût bien entendu, que nous n'étions pas un groupe séparé
du troupeau—mais, de simples frères séparés. Notre homme
de loi en a été informé lors de notre publication au
Journal Officiel. Il m'a dit en personne, qu'il
comprenait exactement ce que je voulais dire.
Avant
de demander concrètement notre publication au Journal
Officiel, j'avais demandé diverses choses à Dieu dans la
prière. Conscient de l'apostasie de l'Eglise des
derniers jours et constatant autour de moi l'angoisse,
la peur et le chagrin, engendrés par ces changements,
j'avais essayé de faire comprendre à Dieu—et peut-être à
moi-même aussi—le désir et le fait qu'aucun abandon ni
changement de doctrines ne serait admis ni toléré par
rapport au corps révélé de doctrine biblique. Je ne
pouvais tout simplement pas m'imaginer de laisser les
membres passer à nouveau par ce qu'ils avaient déjà
traversé. A ce moment-là, je ne me rendais pas vraiment
compte à quel point notre ennemi suprême, Satan, est
intelligent. Presque n'importe quel acte de bonté ou
signe de souci d'autrui peut être perverti ou déformé
pour diffamer ou ridiculiser quelqu'un. Ce qui me
choquait peut-être encore plus, c'était de voir avec
quelle facilité des gens qui avaient fait profession de
croire la Vérité, pouvaient admettre et croire les
perversions et mensonges que l'on faisait circuler.
Puisse Dieu avoir pitié d'eux. Je n'ai pas l'intention
de donner ici des précisons concrètes: noms et autres
éléments qui pourraient permettre de deviner à qui ou
quoi je fais allusion. Au contraire, je n'évoquerai que
des idées et des principes généraux.
Une œuvre? Non!
Pour
trois raisons diverses, je savais parfaitement que la
création d'une "œuvre" était contraire à la volonté de
Dieu. Premièrement, on avait enseigné à tous les
ministres des origines, qu'aucun être humain n'a le
droit de s'attribuer une "œuvre", et ils le savaient
bien. Seuls ceux qui y ont été appelés par Dieu et qui
ont reçu une mission divine, sont autorisés à accomplir
une "œuvre". Celle-ci doit venir de Dieu. N'a-t-Il pas
le droit d'appeler qui Il veut et de le charger de
mission? Deuxièmement, plusieurs ministres et d'autres
membres avaient quitté l'Eglise et tentaient d'accomplir
une "œuvre". Le résultat était un véritable asile de
fous, un monde de confusion. A les entendre parler,
n'importe qui se poserait des questions. En surface,
tout semble pratiquement identique de l'un à l'autre.
Pourtant, chacun d'eux affirme bruyamment qu'il est le
seul à être dans le vrai. Et, maintenant que "du temps"
s'est écoulé, plusieurs de ces prétendues "œuvres" ont
disparu. Dieu se serait-Il trompé? Ou bien cet échec
démontre-t-il simplement qu'au départ, ceux qui
s'imaginaient accomplir une œuvre, étaient des
usurpateurs? D'autre part, la Bible nous enseigne-t-elle
qu'une grande œuvre, dirigée par un serviteur choisi,
devait faire suite à l'apostasie prévue pour cette
époque des derniers jours qu'est la nôtre? Et cette
situation ne pourrait-elle pas être l'une des raisons
pour lesquelles le Christ a utilisé cette formule
concise et impressionnante: "Cette bonne nouvelle sera
prêchée à toutes les nations, ensuite viendra la fin"?
Objectivement, il semble presque impossible, sinon
carrément impossible, que qui que ce soit annonce avec
succès le message évangélique durant ces jours
traumatisants et pervers. Se pourrait-il que ce soit là
l'une des raisons pour lesquelles ce message sera
proclamé par les deux témoins qui doivent encore
apparaître et il faut encore qu'un ange puissant
proclame l'Evangile éternel? Ajoutons à tout cela, le
fait qu'Israël captif contribuera à la dissémination de
ce message.
La
troisième des raisons pour lesquelles nous n'avons pas
lancé une "œuvre" est la condamnation prophétique de
certains individus présomptueux qui se sont attribué des
œuvres dans les derniers jours (Ez. 13 et Jér. 23, qui
sont des prophéties pour les derniers jours).
Lorsque
Dieu veut instituer une œuvre reposant sur Sa puissance
et Son autorité, elle se déroule et elle produit le
fruit en vue duquel elle avait été instituée.
Aujourd'hui,
toutes les "œuvres" abusives sont dans un état
lamentable. En outre, l'essentiel du message originel
n'est pas proclamé. Ce que Dieu accomplissait à travers
Son serviteur du temps de la fin, Monsieur H.W.
Armstrong, inspirait la "terreur sacrée". Il annonçait,
en effet, exactement le même message que le Christ.
C'est aussi le message proclamé par les Douze, puis par
l'apôtre Paul. Or, c'est encore exactement le même
message que Dieu avait confié à Moïse. Comparez entre
eux les textes suivants: Hébreux 4:1-2; Jean 12:47-50;
Jean 5:43-47 et Matthieu 28:19-20. Combien de ceux qui
s'étaient attribué à eux-mêmes la mission d'accomplir
une œuvre proclamaient-ils le même message que Monsieur
Armstrong à l'origine?
Ma promesse à Dieu
Après
environ dix-huit mois d'étude, de nombreuses notions
sont devenues très claires pour moi. Les chrétiens
fidèles qui avaient traversé avec succès l'apostasie
dont parle le chapitre deux de la Deuxième Epître aux
Thessaloniciens avaient l'obligation de rester fidèles à
ce que Monsieur Armstrong avait enseigné à l'origine. Ce
que Dieu lui avait révélé était la Vérité. Il ne fallait
ni l'entremêler d'autre chose, ni le changer ni le
modifier en quoi que ce fût. Dans la faible mesure de
mes moyens, j'avais essayé de promettre à Dieu que, s'Il
acceptait que je devienne le serviteur de ces brebis
plongées dans la confusion et le trouble, je ne
m'éloignerais pas du projet de vie proclamé tout d'abord
à Adam, puis à Moïse, aux prophètes, au Christ, aux
apôtres, Paul compris, et enfin à un serviteur choisi
dans ces tout derniers jours. La Bible est un récit
historique, une chronique de l'incapacité de l'homme à
rester fidèle à une charge ou responsabilité qui lui est
confiée, quelle qu'elle soit. Etant profondément
convaincu de ce fait indéniable, je ne tenais pas du
tout à ce que mon nom vînt s'ajouter au bas de la liste
des serviteurs infidèles. Il n'y avait rigoureusement
personne d'autre dans tous les Etats-Unis, ni, à ma
connaissance, dans le monde entier, qui essayât
simplement de souscrire aux vérités révélées et
enseignées par le serviteur de Dieu, dans les derniers
jours. J'avais essayé de trouver quelqu'un qui crût et
pratiquât encore ce que nous avions cru et enseigné
pendant près de quarante ans. Il y avait, certes,
d'autres groupes, mais aucun d'eux ne continuait de
pratiquer la vérité révélée. Par lui-même, ce fait était
douloureux pour moi. Je me rappelle m'être posé la
question suivante: "Y a-t-il eu un seul être humain qui
ait vraiment cru la Vérité durant toutes ces années?
Plus tard, j'ai compris qu'il y avait des personnes
isolées, éparpillées sur tout le territoire des
Etats-Unis et du reste du monde, qui croyaient encore.
Quelle joie pour moi chaque fois que j'en découvris une!
Simultanément,
j'entendais parler de divers petits groupes réunis
autour soit d'une idée qui leur était particulièrement
chère, soit d'une personne précise. Aucun de ces groupes
n'était fidèle à la Vérité que tous avaient crue et
prêchée à l'origine. Il était stupéfiant de constater
avec quelle rapidité "les appelés" peuvent perdre leur
conviction. Il ne m'a, cependant, pas fallu beaucoup de
temps pour constater comme à livre ouvert, l'inconstance
des membres en question.
Revenons
à la promesse que j'avais faite à Dieu. Dans mes prières
(où je demandais à Dieu, à la fois, de me faire
connaître Sa volonté et de confirmer mes convictions),
j'avais exprimé ma détermination à Lui demeurer fidèle.
Je savais que ce qui avait été admis était la Vérité de
Dieu. Je savais également que la Vérité ne peut pas
changer. Cette notion fondamentale s'était ancrée dans
mon esprit au début de mes études supérieures. Je
n'avais encore aucune idée, à l'époque, de ce que
l'avenir me réservait; par contre, je savais que pour
rien au monde, je ne voulais induire qui que ce fût en
erreur. Sachant que des centaines et des centaines de
personnes s'adresseraient à moi, je me sentais obligé de
parvenir à des conclusions précises quant à la vérité
inaltérable et à mes rapports avec elle. Initialement,
je ne projetais pas d'être une communauté distincte. En
fait, j'ai fourni tous les efforts possibles pour
obtenir que les membres restent dans l'Eglise, tout en
étant absolument fidèles à la Vérité qu'ils avaient
acceptée lors de leur baptême. Au bout de peu de
semaines, je dus constater que ces efforts étaient vains.
De toute évidence, les gens ne peuvent pas rester
fidèles à la Vérité tout en demeurant membres d'un corps
qui n'enseigne pas cette conception de la vie. De deux
choses l'une: ou bien la plupart d'entre eux ne
tardaient pas à souscrire à la doctrine pervertie qu'on
leur enseignait, ou bien ils disparaissaient purement et
simplement de l'horizon de l'Eglise Universelle. Ainsi,
mes efforts semblaient bien être inutiles. Pourtant, je
continuais de recevoir d'innombrables appels
téléphoniques, et des masses de cartes et de lettres,
mais tous mes efforts semblaient ne servir à rien.
C'est
dans cette situation que je me suis senti obligé de
soumettre à Dieu le test mentionné plus haut. Les
résultats ont été surprenants. Je sentais que je devais
aider les autres d'une façon quelconque. Ainsi, si Dieu
voulait que je sois le serviteur des fidèles, j'étais
disposé à les instruire et à donner, par ma propre vie,
un exemple de fidélité. Auparavant, Dieu m'avait montré
très clairement qu'il ne voulait pas que je retourne
dans le domaine de la construction. J'avais tenté cette
solution parce que je ne voulais pas donner à quiconque
l'occasion de dire que je choisissais le ministère en
échange d'un salaire. J'avais reçu une formation
suffisante pour savoir que je pouvais me débrouiller,
sur le plan matériel, par mes propres moyens. En bref,
Dieu avait d'autres projets pour moi. Il ne tarda pas à
le montrer clairement. Vu mon expérience et d'autres
circonstances, je procédai donc au test dont il a été
question plus haut. Redoutant vivement d'agir à
l'encontre de la volonté de Dieu, je fournis tous les
efforts possibles pour comprendre Ses intentions et
recevoir Sa direction avant d'agir. J'étais convaincu
que Dieu me donnait Son approbation. Par conséquent,
j'étais disposé à aller de l'avant dans la foi. Si Dieu
m'envoyait les "brebis", je les servirais. J'avais
acquis la conviction que personne n'est autorisé à
entreprendre une "œuvre" au sens traditionnel. Par
contre, je me sentais à l'aise à l'idée d'entreprendre
l'œuvre bien précise dont parle Jean (Jean 6:29). Je
désirais soutenir la croyance et la foi de ceux qui
avaient été appelés, mais qui avaient été dispersés par
ce qui venait de leur arriver.
Des défis dès le départ
Ce
n'est que grâce à l'expérience qu'il nous arrive parfois
d'être instruits, douloureusement, mais utilement. J'ai
toujours voulu faire a priori confiance aux gens. Je
partais de l'idée que tous ceux qui venaient à nous le
faisaient pour des mobiles honorables, avec le désir
sincère d'aider les brebis dispersées et traumatisées.
Quelle n'était pas mon erreur! Presque dès le début,
certains ministres et autres personnages considérables
des derniers temps de l'Eglise Universelle, je veux dire
d'avant l'apostasie, sont venus à nous avec des
intentions contradictoires. Tous, au cours des années,
manifestèrent qu'ils avaient une très haute opinion de
leurs "droits", qu'ils pensaient détenir une autorité
justifiant telle ou telle fonction, et qu'ils avaient
entre eux des idées divergentes quant à ce que Dieu
avait révélé comme étant Sa doctrine pour ces derniers
jours. A tout moment, je m'entendais dire "Nous sommes
tous égaux". Cette expression me troublait. Pourtant, ne
l'oubliez pas, ma crainte de Dieu, me poussait à la plus
grande prudence dans mes démarches administratives.
Fréquemment, je m'admonestais moi-même en ces termes: "Je
veux seulement ce que Dieu veut. Je tiens absolument à
être obéissant à mon Dieu".
De
toute évidence, les personnages en question ne
souhaitaient pas servir les brebis troublées. Ils
étaient bien plus désireux de se servir eux-mêmes. Dans
chacun de ces cas, un petit groupe était détaché du
corps, groupe manifestement créé uniquement pour
entretenir matériellement un certain ministre. Ce qui
est tragique, c'est que, à de rares exceptions près, ces
membres étaient ensuite abandonnés à la mort spirituelle.
Jamais un loup ne s'inquiète de ce qu'il advient des
brebis. Loin de là, il met toute sa ruse et toute son
habileté à en isoler le plus grand nombre possible en
vue de les égorger. Son seul but est de les utiliser en
vue de son honteux profit.
Au
cours des 25 dernières années, le scénario que je viens
de résumer s'est déroulé plusieurs fois. Il y a eu des
gens qui, à des fins intéressées, ont rejoint l'Eglise
de Dieu, l'Eternel, puis, au bout de peu de temps, ont
amorcé une campagne subtile pour entraîner d'autres
membres à leur suite. Comme je l'ai mentionné plus haut,
au début de mes efforts pour servir et aider les gens
prêts à comprendre ce qui se passait dans le corps en
proie à l'apostasie, il n'y avait absolument que moi
pour représenter la vérité qui avait été enseignée
pendant quarante ans. Je répugne à écrire cela, mais
c'est rigoureusement vrai. J'avais regardé soigneusement
autour de moi, y compris dans certains groupes qui
s'étaient déjà éloignés de l'Eglise Universelle. Je ne
connais personne qui n'ait pas trahi la Vérité d'une
façon ou d'une autre. Grâce à mon étude intensive
tendant à définir ce qui se passait, la connaissance de
la "foi donnée une fois pour toutes" était devenue pour
moi une évidence absolue. En fait, cette foi était
désormais une condition sine qua non. Du reste, l'apôtre
Paul lui-même dit qu'il n'a pas essayé de bâtir sur le
fondement d'autrui (Rom. 15:20). Ayant observé de près,
d'un bout à l'autre des Etats-Unis, des activités
différentes des nôtres, je savais qu'il n'existait aucun
autre groupe croyant réellement et pratiquant encore la
vérité que tous avaient crue, acceptée et pratiquée dans
le passé. J'avais sincèrement espéré en trouver un.
J'aurais de beaucoup préféré découvrir quelqu'un
agissant déjà selon la foi. Mais, hélas, il n'y en avait
aucun.
Je
viens de dire que la notion de "foi donnée une fois pour
toutes" était devenue fondamentale à mes yeux. Or,
c'était un fondement auquel personne d'autre ne
souscrivait. Ce qui est tragique, par contre, c'est que
nous avons rencontré des tas de gens qui ont paru y
souscrire pour commencer, mais uniquement pour le
pervertir, le modifier et/ou pour le discuter quelques
années plus tard. Ils gardent quelques éléments de cette
notion, mais, avec le temps, y introduisent des
modifications et des réinterprétations de leur choix.
C'est exactement ce que Dieu a dit qu'il se produirait.
Actuellement, nous avons vu quatre ou cinq personnes qui
ont fait profession de croire, mais uniquement pour
s'éloigner de la voie révélée de la vie, sous la
bannière de telle ou telle perversion. A l'exception du
dernier schisme, qui vient de se produire tout récemment,
les meneurs de la rébellion contre la Vérité, ont tous
été châtiés par Dieu. Ils sont maudits. La prophétie
montre clairement que le dernier schisme aussi, celui
auquel je viens de faire allusion, est destiné à
souffrir sous la main de Dieu.
Comme
je l'ai dit plus haut, tous ceux qui ont remis en
question la vérité et l'authenticité de l'activité que
nous lancions, ont tiré argument de leur égalité avec
nous. Tous voulaient l'égalité, mais uniquement dans les
domaines qu'ils convoitaient: une certaine fonction, un
certain pouvoir et le fait d'être reconnus. Je n'en ai
trouvé aucun qui cherchât sérieusement à prendre sa part
de l'œuvre, à provoquer des occasions de se sacrifier de
plus en plus pour les membres. Il est évident et
significatif que, dans le cadre de Son dessein, Dieu a
permis ces activités néfastes (I Cor. 11:19; II Thess.
2:6-12). Si nous ne parvenons pas à être fidèles à une
Voie et à une foi qui nous ont été données, comment
pourrions-nous nous qualifier en vue d'être Ses
serviteurs pour régner dans Son Royaume?
Notre dessein reste
inchangé
Ce
que Dieu a donné à Moïse, Il l'a donné à Christ. Ce que
le Christ a enseigné aux apôtres, Il les a chargés de le
proclamer dans les régions où Il les envoyait. Ce que le
Christ et les apôtres ont enseigné, est la même chose
que ce qui a été révélé à Paul. Et, ce que tous ces
serviteurs ont enseigné, est exactement ce qui a été
donné à un serviteur du temps de la fin (Matt.
28:19-20). Pour ceux qui acceptent d'entendre, notre
dessein est d'honorer et de proclamer cette même voie de
la vie, la foi donnée une fois pour toutes. Cette voie
ne comporte aucun élément appartenant à la voie donnée
aux Gentils, les peuples du monde (Deut. 12:1-3 et
4:1-40; Actes 14:16). Nous recherchons les voies de Dieu.
Nous n'avons aucun intérêt pour aucune des coutumes et
traditions de ce monde. A aucun moment, le serviteur de
Dieu des derniers jours, n'a fait des coutumes païennes
de ce monde un élément de la doctrine. Or, l'esprit qui
introduit du changement et/ou du laxisme en matière de
doctrine est tout autant à l'œuvre aujourd'hui qu'il
l'était dans le passé. Les appelés de Dieu doivent être
sans cesse sur leurs gardes. L'esprit en question est
trompeur. Il ferait n'importe quoi pour perdre
l'humanité.
Une
observation nous semble nécessaire pour conclure. Ceux
qui ont cru et aimé la Vérité de Dieu sont restés forts,
loyaux et fidèles. Par contre, il semble bien que tous
ceux qui ont été amenés à accepter la "foi donnée une
fois pour toutes" à coups d'"arguments", aient fini par
abandonner. On a vraiment l'impression que Dieu fait un
tri entre ceux qui croient et aiment la Vérité, et ceux
qui, très certainement, ne l'ont acceptée que parce
qu'ils avaient confiance en la rigueur de leurs
raisonnements.
Conclusion
Satan
et ses démons haïssent les voies de Dieu. Ils sont prêts
à tout pour séparer les frères, remettre la doctrine en
question et anéantir l'Eglise. Ce comportement est une
manifestation de ce à quoi se heurte le véritable peuple
de Dieu. On a persécuté le Christ. De la même façon, on
en fera autant à ceux en qui le Christ est vivant. Les
fidèles de Dieu considéreront comme un privilège de
souffrir pour la justice. Ils seront persécutés et
calomniés à l'envi, mais ces enfants choisis de Dieu
savent qui ils sont. Ils aiment la Vérité, et pour rien
au monde, ils ne s'en laisseront détourner. Ils sont
ceux qui "persévéreront jusqu'à la fin".
Qui
sommes-nous? Nous sommes des membres dissociés, un reste
(Rom. 9:27-33, 11:1-5; Esaïe 1:8-9; Apoc. 12:13-17) du
corps apostat (II Thess. 2:1-3), qui aime sincèrement et
du fond du cœur la Vérité de Dieu révélée (II Thess.
2:10) et qui est décidé à rester fidèle jusqu'à la fin
(Matt. 24:13). C'est cette Vérité qui a été enseignée
par le Christ (Jean 14:6, 12:48-50), cette Vérité que le
Christ a chargé les Douze Apôtres d'enseigner (Matt.
28:20). C'est également le message enseigné par l'apôtre
Paul (Gal. 1:6-16; 1 Thess. 2:12-14). C'est encore le
message enseigné par un serviteur des derniers jours (Matthieu
28:19-20). Ce message avait commencé avec éclat par
Moïse (Héb. 4:1-3). C'est enfin la Vérité à laquelle
quelques-uns obéissent actuellement sur un fondement
spirituel (II Corinthiens 3:1-11).
Ce
sont ces humains que les véritables ministres de Dieu
entendent servir. Notre désir est de vous consacrer
notre énergie et notre amour.
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